La santé des dirigeants de TPE/PME : souvent négligée par les intéressés
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12 novembre 2024
Les dirigeants de petites entreprises portent souvent leur activité à bout de bras, quitte à en oublier leur propre bien-être. Entre la pression quotidienne, les responsabilités multiples et le manque de temps, le propre santé devient un sujet relégué au second plan. Pourtant, les effets du stress, de la fatigue et des troubles physiques se font sentir chez eux, avec des répercussions directes sur leur efficacité et sur la croissance de leur entreprise. Il est essentiel de s’interroger sur la manière dont ces chefs d’entreprise peuvent mieux prendre soin de leur santé sans sacrifier leur activité.
74 % des dirigeants renoncent à consulter un médecin par manque de temps, plaçant leur activité au-dessus de tout
Se sacrifier pour l’entreprise
Les dirigeants de petites entreprises, notamment celles de moins de 20 salariés, sont souvent les premiers à sacrifier leur santé pour le bien de leur entreprise. Une étude récente menée par la Fondation MMA et Opinion Way révèle que 74 % des dirigeants renoncent à consulter un médecin par manque de temps, plaçant leur activité au-dessus de tout. Pourtant, ce choix a des conséquences sérieuses sur leur bien-être physique et mental.


Les dirigeants de TPE (Très Petites Entreprises) sont particulièrement affectés : 29 % d’entre eux souffrent de troubles physiques, tels que des maux de dos ou des troubles du sommeil, contre 19 % pour les PME (Petites et Moyennes Entreprises). Ce fossé s’explique notamment par une charge de travail plus importante et des ressources limitées pour déléguer ou se former à la gestion du stress en cas de masse salariale maigre.
Un mauvais suivi médical
Autre constat alarmant : 31 % des dirigeants ont renoncé à consulter un médecin au cours des 12 derniers mois. Cette situation est encore plus marquée dans des secteurs exigeants comme l’agriculture et le BTP, où le stress et les troubles physiques sont plus fréquents. Pourtant, seule une minorité (29 %) effectue des check-ups de santé réguliers. Cette négligence n’est pas sans conséquence : 57 % déclarent que le stress affecte leur capacité à prendre des décisions, tandis que 34 % voient leur sérénité et leur patience mises à mal .
Face à ces défis, il est essentiel que les décideurs d’entreprise, notamment dans les TPE, prennent conscience de l’importance de leur santé. Prioriser son bien-être, c’est aussi assurer la pérennité de son entreprise. Encourager les dirigeants à se ménager, à consulter régulièrement un médecin généraliste et à adopter une hygiène de vie plus saine pourrait bien être l’une des clés pour améliorer la performance des petites structures.
Des dirigeants à soutenir
Il convient donc de s’interroger sur les outils de soutien disponibles pour accompagner ces dirigeants dans la conciliation entre vie professionnelle et personnelle. Coaching, soutien psychologique, ou simplement accès à une mutuelle plus adaptée sont des pistes à explorer .
QVD… La QVT du patron !
En parallèle de la QVT (qualité de vie au travail, destinée aux collaborateurs) La QVD (qualité de vie des dirigeants) est balbutiante et tout reste à faire : début 2017, le Medef a lancé un projet sur la Qualité de Vie du Dirigeant (QVD) en partenariat avec Supermood pour mesurer le moral des dirigeants d’entreprise. Un sondage réalisé en février 2021 a révélé que leur moral avait baissé à 3,6/5. Malgré cela, 70 % des dirigeants restaient confiants dans leur capacité à créer de l’emploi au lendemain de la crise qui a conduit à des ajustements stratégiques dans les entreprises, avec 66 % révisant leurs orientations et 67 % installant des innovations dans l’organisation.
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