Santé mentale et activité physique : 2 Grandes causes nationales étroitement liées
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5 décembre 2024

Les principaux axes de la Grande cause nationale 2025 « la santé mentale » sont la déstigmatisation, la prévention et l’amélioration de l’accès aux soins et l’accompagnement des personnes concernées. Quatre ans après la crise du COVID, la continuité avec la Grande cause nationale 2024 « l’activité physique et sportive » apparaît très nette.
Qu’est-ce que la santé mentale ?
Selon Santé Publique France, la santé mentale représente bien plus que l’absence de troubles mentaux. Elle fait partie intégrante de la santé : il n’y a pas de santé sans santé mentale. De nombreux facteurs la déterminent : socio-économiques, biologiques, environnementaux et notamment l’environnement de travail. Les conditions de travail sont en effet un déterminant important de la santé mentale.
Les années COVID : un tournant dans la dégradation de la santé mentale des Français
Les Français se sont sédentarisés pendant les années COVID et leur santé mentale s’est globalement dégradée. L’exercice physique pour améliorer la santé mentale faisait d’ailleurs son entrée en janvier 2024 dans le top 10 du baromètre de l’ACSM américaine (le collège américain de la médecine du sport), la notion de connexion entre le corps et l’esprit est désormais admise et bien comprise dans le grand public.
Cette problématique s’étend jusque dans les lieux de travail, où managers, dirigeants et responsables RH ont un rôle central à jouer pour maintenir ou améliorer la santé mentale des collaborateurs. En intégrant des stratégies favorisant l’activité physique et le bien-être mental, ils peuvent améliorer significativement la qualité de vie des collaborateurs tout en renforçant la performance organisationnelle.
La santé mentale est meilleure chez les individus physiquement dynamiques
La santé mentale et l’activité physique sont intrinsèquement liées. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pratiquer une activité physique régulière réduit le risque de dépression de 20 à 30 % et améliore la gestion du stress. Dans un contexte professionnel, cet équilibre se traduit par une meilleure concentration, une résilience accrue et une productivité renforcée.
42% des actifs en France se déclarent en détresse psychologique
Cependant, le constat actuel est alarmant : 42% des actifs en France se déclarent en détresse psychologique. Certes cela représente 6 points de moins qu’à la même période en 2023 mais 15% des déclarants se déclarent en situation de détresse psychologique élevée pouvant conduire à des congés maladie longs et des hospitalisations. ( Source : 13e édition du baromètre État de santé psychologique des salariés français réalisé par le cabinet Empreinte Humaine avec OpinionWay).
A l’inverse, plus de 31 % des adultes et 80 % des adolescents ne pratiquent pas une activité physique aux niveaux recommandés par l’OMS. Ces chiffres soulignent l’urgence d’agir dans les entreprises, lieux où les individus passent une grande partie de leur temps.
L’entreprise a un rôle clef à jouer pour le bien-être physique et la santé mentale des salariés
Les entreprises qui s’engagent pour la santé mentale et physique de leurs collaborateurs observent des impacts positifs mesurables. Les employés en bonne santé sont plus créatifs, plus engagés et affichent des performances supérieures comme l’explique Kim Cameron, professeur de management à l’université du Michigan, dans les colonnes du Havard Business review. À cela s’ajoute une fidélité accrue : des salariés bien traités et soutenus sont moins enclins à quitter l’entreprise, réduisant ainsi les coûts liés au turnover.
Un management positive : désormais une obligation légale
De plus, l’investissement dans le bien-être n’est plus seulement une question d’éthique, mais également une obligation légale en France, où les employeurs doivent prévenir les risques psychosociaux et garantir la sécurité physique et mentale de leurs équipes. Pourtant, les solutions mises en œuvre restent souvent limitées ou mal adaptées. Dans le domaine de l’activité physique, il est essentiel de créer une véritable culture d’entreprise qui valorise le mouvement. Cela peut passer par l’organisation de pauses actives, l’aménagement d’espaces adaptés et la mise en place de programmes sportifs internes.
Offrir des horaires flexibles permet également aux collaborateurs d’intégrer plus facilement le sport dans leur quotidien, tout comme des incitations financières, telles que des primes pour l’achat de matériel, des abonnements à des clubs de fitness ou à des applications de parcours sportifs. Ces initiatives doivent être soutenues par une communication active pour encourager la participation et lever les barrières, notamment celles liées à la motivation.
Santé mentale et prévention : les managers en première ligne
En parallèle, les entreprises doivent prendre à bras-le-corps la question de la santé mentale. Un environnement psychologiquement sûr repose avant tout sur une culture de l’écoute. Les managers, souvent en première ligne, doivent être formés pour reconnaître les signaux de détresse, mais aussi pour ouvrir le dialogue sans stigmatiser. Proposer un accès facilité à des professionnels, comme des psychologues ou des coachs de vie, peut offrir un soutien essentiel aux collaborateurs en difficulté.
La sensibilisation est également cruciale : organiser des campagnes internes sur la gestion du stress, la prévention du burnout ou encore les bienfaits de la méditation permet de normaliser les discussions autour de ces sujets et de prévenir les crises. L’efficacité des actions entreprises par les managers et responsables RH sera maximisée si elles adoptent une approche combinée.
Intégrer bien-être et santé mentale dans les missions d’entreprise
La mise en place de programmes intégrant à la fois des activités physiques et des initiatives axées sur le bien-être mental peut transformer durablement la culture d’entreprise. Par exemple, des journées bien-être incluant des ateliers de gestion du stress, des sessions de yoga et des conférences sur la santé mentale offrent une réponse globale aux besoins des collaborateurs. De plus, les partenariats avec des associations locales ou des experts permettent de bénéficier d’un savoir-faire supplémentaire et d’enrichir les offres proposées.
Certaines entreprises ont déjà montré la voie en matière de bien-être intégré. Décathlon, par exemple, favorise une pratique régulière du sport chez ses employés. L’entreprise propose des horaires adaptés et des infrastructures dédiées. Google, de son côté, met un accent particulier sur la santé mentale, avec des programmes de mindfulness et des espaces dédiés à la détente. Ces exemples illustrent comment des actions concrètes, lorsqu’elles sont alignées avec les priorités nationales, peuvent non seulement répondre aux besoins individuels, mais aussi générer des bénéfices collectifs pour l’organisation.
Attention aux pansements sur des jambes de bois, la réponse doit être individualisée
Cependant, pour réussir, il est crucial d’éviter certains écueils. La mise en œuvre de solutions universelles, sans tenir compte des besoins variés des collaborateurs, peut s’avérer inefficace, voire contre-productive. De même, ignorer les contraintes organisationnelles, comme les limitations budgétaires ou les charges de travail élevées, risque de freiner l’adoption des initiatives.
Enfin, un manque de suivi et d’évaluation des actions engagées peut limiter leur impact à long terme. Il est indispensable de mesurer régulièrement les résultats et d’ajuster les programmes en fonction des retours des collaborateurs.
Allier bien-être et performance
Les causes nationales de 2024 et 2025, centrées sur l’activité physique et la santé mentale, offrent une opportunité unique pour repenser le bien-être au travail. Managers, dirigeants et responsables RH ont un rôle clé à jouer pour traduire ces priorités en actions concrètes. En s’appuyant sur des stratégies combinées et des initiatives adaptées aux réalités du terrain, ils peuvent non seulement répondre aux attentes des collaborateurs, mais aussi créer des environnements de travail propices à l’épanouissement personnel et professionnel.
Une entreprise qui valorise la santé mentale et physique ne se contente pas de respecter ses obligations : elle s’inscrit dans une dynamique d’avenir, où bien-être et performance se renforcent mutuellement.
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