Santé mentale du personnel hospitalier

La santé mentale du personnel soignant : une priorité en 2024

Nous les applaudissions depuis nos balcons et nos fenêtres en 2020 mais en 2024 les membres du personnel soignant, hospitalier en particulier, ne se sentent toujours pas écoutés par les pouvoirs publics et la santé mentale des soignants en milieu hospitalier est bel et bien une problématique alarmante.

Infirmiers, aides-soignants, médecins et autres professionnels de santé subissent des conditions de travail éprouvantes : surcharge de travail, pression constante, et équilibre fragile entre vie professionnelle et personnelle. Ces facteurs dégradent leur bien-être psychologique, compromettant à la fois leur santé et la qualité des soins qu’ils délivrent. Si les chiffres concernant les infirmiers sont particulièrement frappants, ils reflètent une tendance plus large qui touche l’ensemble du personnel soignant. La santé mentale est une Grande cause nationale 2025 pour tout le monde, celle du personnel hospitalier est à prendre doublement en compte !

Une surcharge de travail omniprésente

Les soignants sont confrontés à une charge de travail démesurée, en particulier dans les services d’urgence et de réanimation. Les horaires prolongés et décalés, les gardes successives et le manque de personnel sont monnaie courante. Parmi les infirmiers, 9 sur 10 déclarent avoir travaillé au-delà de leurs horaires sans compensation.

Ce phénomène, amplifié par la pénurie de soignants, affecte tous les professionnels, qui doivent gérer un flux incessant de patients, parfois dans des conditions extrêmes. Pour les aides-soignants et les médecins, la situation est similaire, avec des journées harassantes et peu de répit, conduisant à une usure psychologique et physique. Le personnel administratif hospitalier est lui aussi soumis à une forte cadence et fait souvent l’objet d’invectives et parfois même de violence physique de la part des usagers, ce qui induit un stress important.

Pour la seule région des Hauts de France et « concernant leur santé psychique, 64% des médecins généralistes déclarent être stressés, et seuls 8,9% des médecins déclarent ne pas avoir de symptômes. 36% des médecins envisagent d’arrêter la médecine. 68% des médecins sont favorables à la création d’une structure type « médecine du travail » pour les libéraux. »

Le poids du manque de reconnaissance

Malgré leur rôle central, une grande partie des soignants se sent insuffisamment reconnue, tant sur le plan moral que financier. Le Ségur de la Santé, bien qu’ayant apporté des améliorations salariales, est souvent jugé insuffisant pour compenser la pression mentale quotidienne. Ce manque de reconnaissance touche tous les niveaux : les infirmiers ressentent un déficit de valorisation, mais les aides-soignants et même certains médecins expriment également leur frustration face à une absence de soutien et de gratitude institutionnelle. Cette situation nourrit un sentiment d’injustice et de démotivation généralisé.

Un équilibre vie professionnelle et personnelle en péril

Les horaires décalés et les gardes successives rendent difficile la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle et cela commence dès l’internat comme le souligne cette étude commandée par différents syndicats auprès des étudiants en médecine depuis la deuxième année jusqu’à la fin de l’internat. Les jeunes médecins, internes des hôpitaux, évoquent des cadences d’usines, des gardes de plus de 48h et un rapport hiérarchique ambigu qui conduit facilement à des abus. 1 étudiant sur 2 présente des symptômes anxieux et 20% d’entre eux ont des idées suicidaires.

Selon une enquête de 2023, 45 % des infirmiers déclarent avoir du mal à maintenir un équilibre sain entre la sphère professionnelle et la sphère privée. Ce constat s’étend aussi aux aides-soignants et aux internes en médecine, souvent contraints de sacrifier leur vie personnelle pour répondre aux exigences de leur métier. Cette situation accentue l’épuisement mental, menaçant la résilience des soignants et leur engagement à long terme.

L’impact sur la santé mentale et la qualité des soins

Le burn-out est devenu une réalité omniprésente dans les hôpitaux. Si un infirmier sur trois présente des symptômes de burn-out, d’autres professions, comme les aides-soignants et les médecins, ne sont pas épargnées. La surcharge mentale entraîne une augmentation des erreurs médicales, mettant en danger la sécurité des patients et créant un cercle vicieux où le stress des soignants se répercute sur la qualité des soins. Entre 2020 et 2023, plus de 30 000 infirmiers ont quitté le secteur hospitalier, un chiffre qui illustre l’ampleur de la crise mais ne capture qu’une partie de l’exode des soignants.

L’activité physique : un outil clé pour tous les soignants

L’activité physique est un levier puissant pour améliorer la santé mentale de l’ensemble du personnel soignant. Des études montrent qu’elle réduit le stress, améliore l’humeur et renforce la résilience. Et si les horaires à rallonge de ces professionels spécifiques ne les aident pas à envisager de dégager du temps pour une pratique sportive, c’est pourtant l’une des clefs pour tenir physiquement et psychologiquement sur le long terme.

Le yoga, les étirements ou encore les activités comme la marche rapide ou le renforcement musculaire sont bénéfiques à tous les niveaux. Ces pratiques ne profitent pas seulement aux infirmiers, mais aussi aux aides-soignants, aux médecins et à tout autre personnel exposé au stress. L’activité physique permet de prévenir les troubles musculo-squelettiques (TMS) et de favoriser un mieux-être psychologique et une plus grande efficacité auprès des patients.

Intégrer l’activité physique au quotidien des hôpitaux

Pour améliorer la qualité de vie au travail, il est crucial de mettre en place des initiatives qui intègrent l’activité physique au sein des établissements hospitalier. Cela peut passer par l’aménagement de salles de sport bien que l’espace et le coût soient de réel freins. Si le lieu dispose déjà d’un espace dédié, l’organisation de cours sur place ou encore l’encouragement à participer à des défis sportifs collectifs peut être un vrai moteur. Il est essentiel que les soignants, quel que soit leur rôle, puissent accéder à ces ressources sans compromettre leur temps de repos ou la continuité des soins.

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Un appel à l’action pour tous les décideurs hospitaliers

Directeurs d’hôpitaux, responsables RH ou encore cadres hospitalier, vous avez un rôle à jouer et même une responsabilité responsabilité cruciale dans la mise en œuvre de solutions durables pour le bien-être et la santé mentale de vos équipes. Soutenir la santé mentale des soignants, y compris par l’activité physique, est une nécessité pour assurer l’avenir du système de santé. Il est temps d’agir pour que chaque professionnel, qu’il soit infirmier, aide-soignant, personnel des fonctions supports ou médecin, trouve dans son travail non seulement un sacerdoce, du sens mais aussi une source d’épanouissement.

Faites votre bilan : quelles initiatives avez-vous mises en place pour renforcer la santé mentale des soignants dans votre établissement ? Partagez vos idées et inspirez les autres à agir !

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